Sondages sur la perception du risque d'inondations des populations riveraines du Rhône de la frontière suisse à  la mer

Suite aux inondations de décembre 2003 sur le Rhône aval, et dans la perspective d’élaborer la stratégie globale de prévention des inondations du Rhône, les partenaires du Plan Rhône ont souhaité qu’une vaste enquête soit régulièrement réalisée.

plaquette2013

Lancé en 2006, puis renouvelé en 2009 et en 2013 par la DREAL Rhône-Alpes, ces sondages ont été réalisés sous la forme d’entretiens téléphoniques à partir d’un échantillon représentatif de 3 804 personnes résidant dans les communes riveraines du fleuve Rhône et réparties sur 5 secteurs géographiques  : 1er secteur de Challex à Niévroz, 2e secteur de Jonage au sud de l’agglomération lyonnaise, 3e secteur du sud de Lyon à Montélimar, 4e secteur de Beaucaire à la mer sur le grand et petit Rhône.

Ces trois vagues d’enquêtes ont permis d’analyser, comprendre et mesurer la culture du risque des populations riveraines du Rhône. Elles donnent également à voir leur opinion sur la pertinence des politiques de prévention et de protection mises en œuvre dans le cadre du volet « Inondations » du Plan Rhône.

Le dispositif d’enquête (questionnaire, échelles territoriales, échantillon) mis en place en 2006 par l’Institut BVA a été reconduit à l’identique pour les sondages de 2009, puis 2013, condition indispensable pour mesurer les évolutions intervenues. Toutefois, les changements intervenus avec la mise en œuvre opérationnelle du Plan Rhône ont nécessité d’introduire de nouvelles questions dans le sondage 2009 pour notamment mesurer la notoriété du Plan Rhône et ses projets concrets.

Quels constats en 2013 ?

Les évolutions constatées en 2013 obéissent, comme en 2009, au principe de réalité. En l’absence de crues majeures, le sentiment d’être exposé au risque diminue sensiblement. Les habitants ont tendance à relativiser le risque quand d’autres oublient les inondations vécues aux conséquences mineures.

La vigilance des habitants face aux inondations tend à faiblir : les personnes vivant en zone inondable ne sont pas ou très peu enclines à prendre des mesures pour se protéger.

Les actions conduites dans le cadre du Plan Rhône et la communication permettent aujourd’hui d’obtenir des résultats positifs sur le niveau d’information des populations, néanmoins des déficits notables subsistent sur les consignes à suivre ou les mesures de protection à prendre pour réduire sa vulnérabilité.

Ces évolutions montrent la difficulté de maintenir une culture du risque en l’absence d’événements majeurs qui viendraient raviver les mémoires. Elles soulignent aussi la fragmentation des savoirs et des pratiques, corrélée aux territoires et aux attentes des populations.

Elles montrent également toute l’importance d’une communication de proximité autour d’informations pratiques pour sensibiliser et mieux préparer les habitants les plus exposés au risque d’inondation.

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> Sondage : perception des risques inondations 2013 - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 0,83 Mb

Sondage 2009

Les logiques nuancées de perception du risque permettent de distinguer différentes postures : les habitants du secteur amont sont davantage dans une posture de rationalisation du risque alors que les habitants du secteur aval s’inscrivent encore dans une posture émotionnelle, sachant que le secteur moyen après les crues de fin 2008 est pour partie passé de la rationalité à l’émotion. Parce que chacun entretien un rapport ambivalent au risque, il est nécessaire d’intégrer ces différences dans une communication repensée en privilégiant la pluralité des approches.

Même si le niveau d’information est en hausse par rapport à 2006, les habitants expriment encore en 2009 une forte attente en la matière d’autant qu’ils témoignent d’une connaissance partielle des dispositifs de prévention, d’une perception floue des acteurs et des politiques publiques en matière de réduction des risques, ou plus concrètement d’un souvenir lointain voire erroné concernant les consignes à suivre en cas d’inondation (cf. usages des réseaux par exemple). Ce besoin fait largement écho aux attentes formulées par les personnes interrogées résidant en zone inondable : en effet, l’amélioration de l’information (31%) pour faciliter la vie en zone inondable et la politique d’aménagement du fleuve (27%) apparaissent comme les deux besoins prioritaires vis-à-vis des pouvoirs publics, et loin derrière arrive le souhait de bénéficier d’aides financières pour déménager ou aménager son logement (17%) ou encore l’interdiction de construire en zone inondable (10%).

Ensuite, le sondage met en évidence l’impact positif des actions de communication et des processus de concertation développés tant au niveau du bassin qu’au niveau des projets locaux ou de l’élaboration des plans de prévention des risques (PPRI). Ces démarches ont contribué à améliorer le niveau d’information et à diffuser une culture du risque auprès des populations concernées en s'inscrivant dans les territoires et en intégrant les pratiques locales. Dans ce contexte, le Plan Rhône commence à marquer les esprits comme en témoignent les scores de notoriété encourageants : 25% des individus ont déjà entendu parler de ce projet pour le fleuve.

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Sondage 2006

En 2006, l'enquête téléphonique réalisée par l’institut BVA, pour le compte de la DIREN de bassin Rhône-Méditerranée, a fait apparaître les points suivants :

  • un fleuve apprécié mais pas au centre de la vie des riverains ;
  • une bonne connaissance historique du fleuve ;
  • le sentiment que les inondations sont plus importantes que par le passé (en fréquence ou en intensité) et que l’action de l’homme est au cœur de l’augmentation de ce phénomène naturel ;
  • une conscience insuffisante ou parfois très intuitive du risque qui explique le fait que les personnes vivant en zone inondable envisagent rarement de prendre des mesures pour réduire leur vulnérabilité ;
  • des attentes fortes vis-à-vis des pouvoirs publics en termes d’information préventive et sur les conditions d’indemnisation après crue ainsi que sur les choix d’aménagement pour limiter les risques via des protections, ou encore l’amélioration de l’alerte ;
  • le besoin d’une politique d’urbanisation responsable interdisant de construire en zone inondable.

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