"Inondations du Rhône : développer la mémoire, sensibiliser les populations" : un appel à  projets innovant et exploratoire

Informer sur les risques reste toujours délicat tant le message de prévention apparaît parfois sans commune mesure avec le vécu de la catastrophe ou au contraire est l’objet d’un déni quand les dernières tragédies sont trop anciennes. L’appel à projets 2008 – 2009 lancé par les partenaires du Plan Rhône vise à explorer des voies nouvelles de sensibilisation des populations au risque d’inondation.

Le Rhône a été fortement aménagé par l’homme au cours des dernières décennies. Mais les inondations de 2002 et 2003 ont rappelé qu’un événement catastrophique reste toujours possible. Dans un contexte d’évolution des modes de vie et de flux migratoires importants, il est primordial d’informer l’ensemble des citoyens, des enfants aux adultes, des élus et des acteurs de l’aménagement, et de renforcer la « conscience du risque » afin de réduire la vulnérabilité des personnes, des biens et des activités.

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L’État ou les collectivités locales ne réussiront pas seuls à maîtriser les conséquences des évènements liés aux risques majeurs. Les citoyens doivent également s’approprier les connaissances technico-scientifiques pour mettre en œuvre des actions de prévention à leur échelle.
 
 Pour cela, les démarches institutionnelles développées sous la responsabilité de l’État ou des maires existent (dossier départemental des risques majeurs, document d’information communal sur les risques majeurs, affichage municipal des risques et des consignes, installation de repères de plus hautes eaux connues, etc.). Toutefois, ces documents réglementaires semblent avoir des effets limités sur l’évolution des comportements. En effet, les sondages BVA de 2006 et de 2009  réalisés auprès des habitants riverains du Rhône ont montré la forte attente sociale sur une meilleure information.Ces enquêtes révèlent également le rapport ambivalent que chacun entretient avec le risque, pris entre peur et déni du danger, entre mémoire et oubli de la catastrophe. Les habitants doivent en effet concilier des injonctions contradictoires, à savoir reconnaître que leur lieu de vie est dangereux et continuer à vivre dans des conditions morales acceptables. Dès lors, les actions de communication descendante qui reposent sur la diffusion de messages univoques par les gestionnaires se heurtent souvent à un faible intérêt des populations.

Evaluer la démarche

Le caractère innovant de l’appel à projets a donné lieu à une évaluation pour voir dans quelle mesure la démarche initiée à pu répondre aux objectifs de sensibilisation, mettre en lumière les effets produits sur les territoires ayant accueilli les différents projets, mais aussi faire émerger de nouvelles pistes dans la perspective de lancer un nouvel appel à projets.
 Le travail évaluatif a été confié à l’association Arènes   à l’automne 2009. Il a donné lieu à un certain nombre d’entretiens qui ont permis de confronter les points de vue des porteurs de projets et des financeurs.
 Un séminaire de restitution en janvier 2010 a été l’occasion de présenter les résultats de cette évaluation afin que les constats puissent être discutés et validés, et que des pistes d’évolution possibles soient ébauchées.
 
Évaluation de l'appel à projets

Explorer des voies nouvelles de sensibilisation

En recourant à des démarches artistiques qui permettent de donner à voir le danger sans asséner de discours alarmiste.

Cinq projets artistiques retenus

Sélectionnés par un jury, ces projets contribuent à rendre présente la question des inondations dans l’espace public à travers des approches sensibles et créatives.